Message du président

Donald Stuss

De tous les mystères de la neuroscience, la mémoire est celui qui fait l’objet du plus grand nombre de recherches. Il existe une distinction importante entre la mémoire sémantique (reliée aux connaissances générales; par ex. : la capitale de la France est Paris) et la mémoire épisodique ou personnelle (reliée à des moments, des endroits ou des gens; par ex. : samedi dernier, mon épouse et moi avons savouré un excellent plat de risotto aux champignons dans un restaurant près du marché). En raison de son caractère personnel, la mémoire épisodique nous relie à notre passé et à notre identité actuelle. Elle constitue également le fondement de notre vision de l’avenir. Plus un souvenir est marquant et émotionnel, plus il est ancré dans notre identité.

Je mentionne cette distinction en raison du décès du président fondateur de l’Institut ontarien du cerveau, monsieur Joseph Rotman, en janvier 2015. Il était une force de la nature, et sa seule présence a créé des souvenirs marquants et émotionnels. Ses idées et efforts ont mené à la création de l’IOC et tracé la voie de son succès. Ce numéro qui lui est consacré traite de la façon dont sa vision et ses idées de base ont été implantées et concrétisées grâce au système de l’IOC.

L’excellence

Commencer par les forces – L’IOC a cerné les domaines de la recherche sur le cerveau dans lesquels les scientifiques et les établissements de l’Ontario ont une grande reconnaissance internationale. Aujourd’hui, l’IOC finance et gère cinq programmes de découvertes intégrées choisis en raison de leur excellence scientifique, de leur potentiel de commercialisation, de l’implication des patients et de leurs groupes de défense, et de leur niveau d’intégration à travers la province.

Maintenir ces forces – L’IOC fait appel à des experts-conseils externes pour tous les aspects de ses activités. Le conseil d’administration supervise la qualité ainsi que l’impact économique et clinique de la recherche, en plus d’en évaluer le rapport qualité-prix. Il reçoit des recommandations d’un conseil consultatif scientifique et d’un conseil consultatif de l’industrie. Chaque programme de recherche comprend une équipe d’innovation scientifique afin d’assurer la qualité de la recherche scientifique, une équipe d’innovation fondamentale qui se penche sur la commercialisation des outils et des traitements, ainsi qu’un comité de patients qui module la recherche afin de s’assurer qu’elle soit effectuée au profit des patients. Tous nos projets d’envergure, comme notre plateforme informatique Brain-CODE, et nos efforts d’évaluation sont examinés par un groupe consultatif international afin d’assurer la qualité.

La collaboration et les partenariats

Amplifier l’excellence – L’approche scientifique de l’IOC inclut un système qui récompense le partage et offre des incitatifs pour la collaboration. Dans ses programmes de recherche, l’IOC constate toujours les avantages d’une telle approche, qui mène à des publications pluridisciplinaires et multi-institutionnelles, à la progression en matière de nouveaux traitements pour les troubles cérébraux, ainsi qu’à de meilleures approches pour l’engagement envers les patients et la communauté. Pour en voir des exemples récents, consultez les nouvelles au sujet de nos programmes de recherche.

Soutenir les partenariats – Dans le système de l’IOC, les partenariats sont synonymes de gains pour tous. Dans nos programmes de découvertes intégrées, les partenariats entre les chercheurs, les cliniciens, les entreprises et les groupes de patients se sont formés naturellement en raison de l’engagement continu au début du processus de découverte. Jusqu’à maintenant, les cinq programmes de recherche rassemblent 200 chercheurs et cliniciens provenant de 35 hôpitaux universitaires et instituts de recherche, 45 entreprises et 18 groupes de patients de l’Ontario. Et le réseau continue de croître. Cette même philosophie du partenariat prévaut hors de nos programmes de recherche. Apprenez-en davantage sur notre récent partenariat avec le Centre des sciences de l’Ontario dont l’objectif consistait à sensibiliser les gens aux troubles cérébraux et à présenter les personnes et les organismes qui contribuent à la force de la communauté neuroscientifique de l’Ontario.

La formation

Développer les talents et créer de nouvelles possibilités de carrière – En raison de la force de la recherche neuroscientifique en Ontario, il y a de plus en plus de talents non exploités. Ces neuroscientifiques hautement qualifiés ont énormément de potentiel, non seulement pour la recherche traditionnelle au sein des universités ou des industries, mais également pour œuvrer à l’extérieur de ces milieux, comme dans le développement de nouvelles entreprises ou dans la gestion scientifique. Lorsqu’on leur donne la chance, ces jeunes personnes contribuent à la croissance et au maintien d’une économie du savoir florissante. L’IOC les aide à combler l’écart entre leur formation et une carrière viable en leur proposant des occasions de formation expérientielle.

Lisez au sujet de nos stagiaires et voyez comment leur travail au sein des programmes de découvertes intégrées contribue à la commercialisation de la recherche.

L’impact du système

Les principes expliqués ci-dessus sont le fondement d’un système créé afin de combler deux objectifs importants : améliorer la santé cérébrale ainsi que l’économie ontarienne.

Est-ce que ce système fonctionne?

L’IOC utilise des indicateurs afin de constamment surveiller et évaluer son approche. Néanmoins, voici deux exemples qui démontrent comment le système a un impact réel à la fois sur la santé et l’économie.

L’impact sur la santé

L’IOC mène des recherches afin d’améliorer la santé cérébrale d’à peu près un million d’Ontariens aux prises avec un trouble cérébral. En raison de la complexité de ces troubles, et du cerveau lui-même, de nouvelles approches sont nécessaires afin de mieux étudier leurs causes sous-jacentes et de mettre au point des traitements novateurs.

Pour aborder cette complexité, l’IOC a créé Brain-CODE afin de collecter des données et de faciliter le partage, l’utilisation et l’établissement de liens entre les données. Cet outil de recherche permettra de combiner les approches fondées sur des hypothèses et celles qui utilisent l’exploration des données grâce à de grands ensembles de données standardisées. En 2014, l’IOC a organisé un atelier international en partenariat avec l’Organisation de coopération et de développement économiques et le Institute for Health Policy, Management and Evaluation afin de discuter comment cette approche des données volumineuses peut être utilisée comme modèle pour faire avancer la recherche et les soins reliés à la démence. En apprendre davantage sur le rôle de l’IOC dans les discussions mondiales sur le partage des données.

L’impact économique

L’IOC a noué des liens avec l’industrie afin de créer des partenariats public-privé et de soutenir la croissance de nouvelles entreprises ontariennes. Comment une technologie conçue pour l’industrie automobile peut-elle être utilisée dans le domaine des neurosciences? Et quels sont ses liens avec une entreprise qui crée des crânes et des cerveaux artificiels? Lisez la réponse et voyez comment la grappe neuroscientifique de l’Ontario croît et attire de nouveaux talents et des capitaux.

Et puis?

Les souvenirs épisodiques sont personnels et contribuent à définir notre identité. Ceux que nous avons de monsieur Rotman et de la direction qu’il exerçait sont profondément ancrés dans l’identité de l’IOC et demeurent le fondement de son fonctionnement. Au fil de nos progrès et de notre évolution en tant qu’organisme, nous nous souviendrons de la vision et de la personne qui nous ont menées sur ce chemin.

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