Former les nouveaux types de talent neuroscientifique

L’Ontario est reconnue comme un leader mondial de la recherche sur le cerveau, mais le système de santé et l’économie de la province pourraient tirer profit de meilleurs efforts en matière d’innovation scientifique. Un actif de valeur cruciale, mais souvent ignoré, est l’accès aux bonnes personnes. Ici, il est question des gens qui ont les aptitudes nécessaires pour commercialiser des idées scientifiques.

L’Institut ontarien du cerveau cherche à combler cette lacune importante de la communauté neuroscientifique de l’Ontario avec son programme pour entrepreneurs comprenant des bourses d’entrepreneuriat, ainsi que des stages destinés aux finissants. En plus de mieux soutenir les partenaires de la grappe neuroscientifique, ce programme contribue à démontrer les habiletés des nouveaux diplômés universitaires; plusieurs titulaires de maîtrise et de doctorat éprouvent des difficultés à trouver un emploi dans les établissements universitaires traditionnels. Le programme offre aux diplômés l’occasion unique de travailler dans beaucoup de milieux au sein d’instituts de recherche, d’entreprises, et d’organismes sans but lucratif parmi les meilleurs en Ontario.

Les bourses d’entrepreneuriat, décernées chaque année à un maximum de 10 récipiendaires, offrent du financement, du mentorat et un accès à des services professionnels aux futurs entrepreneurs pour la commercialisation d’une innovation fondée sur la recherche. Ils assistent aussi à plusieurs ateliers et séminaires qui ont comme but de développer les aptitudes nécessaires pour se lancer dans une carrière hors des institutions académiques. Certains d’entre eux reçoivent du soutien pour commercialiser leur propre recherche tandis que d’autres sont jumelés à des chercheurs desprogrammes de découverte intégrée de l’IOC afin de contribuer à l’avancement de la technologie existante encore à l’état de développement.

Lorsque les occasions de commercialisation se présentent grâce aux programmes de recherche financés par l’IOC, il est possible de faire appel à des gens ayant une expertise dans le développement de prototypes et la planification des affaires. L’Anxiety Meter en est un exemple. Conçu à l’hôpital Holland-Bloorview, cet outil de mesure de l’anxiété est maintenant commercialisé par Asim Siddiqi, entrepreneur de l’IOC, en partenariat avec MaRS Innovation.

L’IOC vise à optimiser les fonds de recherche en établissant de véritables partenariats avec les récipiendaires de ces bourses, en travaillant étroitement avec ses partenaires de recherche afin de mieux comprendre leurs besoins et d’aborder plus rapidement les défis quotidiens auxquels ils font face. Il a commencé à corriger les lacunes en matière de ressources humaines constatées chez ses partenaires en travaillant avec eux pour trouver les talents dont leur établissement a besoin et pour subventionner le salaire des stagiaires hautement qualifiés. Afin d’affronter les défis qui se présentent, des stages particuliers ont été créés en fonction des besoins particuliers des partenaires.

En guise d’exemple, le stage de neuroinformatique a été conçu précisément pour soutenir les objectifs des programmes de recherche en matière de données volumineuses. Le domaine de la neuroscience est particulièrement diversifié; au fur et à mesure que les outils et la technologie de collecte de données cérébrales progressent, une plus grande attention est accordée au besoin d’organiser et de partager des données multidisciplinaires de façon à améliorer notre compréhension du cerveau et des troubles cérébraux. C’est exactement en quoi consiste le domaine naissant de la neuroinformatique : il se penche sur l’organisation des données cérébrales en leur appliquant des modèles informatiques et des outils d’analyse.

Les cinq programmes de découvertes intégrées étaient à différentes étapes de la collecte des données, mais tous avaient besoin d’aide dans la préparation de grands ensembles de données pour leur transfert dans la plateforme informatique Brain-CODE de l’IOC. Chaque stage a été modifié en fonction des besoins particuliers de chaque programme de recherche, donc il n’est pas surprenant que les cinq stagiaires de neuroinformatique de cette année proviennent de domaines divers, y compris la science informatique, la science médicale, la psychologie et la kinésiologie.

En plus de la formation pratique reçue en milieu de travail, le stage a également permis à ces étudiants de voir leurs aptitudes différemment. Sara Memar, qui entreprendra bientôt une thèse doctorale en sciences informatiques à l’université de Windsor, explique : « C’est très stimulant de participer à la recherche de pointe, et c’est vraiment gratifiant de voir ma formation universitaire autrement. Avant ce stage, je n’avais pas songé à la possibilité de faire carrière en neuroinformatique. Maintenant, je vois de nouvelles opportunités, de nouveaux cheminements de carrière très intéressants qui comblent des lacunes actuelles ».

Le programme a profité aux stagiaires et aux programmes de recherche. Lauren Switzer, directrice du programme de découvertes intégrées du réseau sur la paralysie cérébrale (CP-NET), affirme : « J’ai été extrêmement chanceuse qu’Alex se soit intégré à notre équipe si facilement et rapidement. Tellement chanceuse, en fait, qu’il travaille maintenant à temps plein dans notre laboratoire où il exerce plusieurs fonctions. Personne n’a occupé ce poste dans le passé, il était donc difficile de savoir ce qu’un stagiaire pouvait apporter, mais une fois que nous avons été en mesure de définir et de décrire son rôle, Alex a semblé être la personne dont nous avions besoin. Il a été en mesure de faire avancer nos données dans un délai serré. J’ai eu l’impression qu’il avait une grande maîtrise en la matière lors des nombreux projets de CP-NET ».

En avril dernier, l’IOC a lancé de nouveaux stages avec des bureaux de transfert de technologie institutionnelle. Ils constituent une ressource supplémentaire pour les membres de la communauté de recherche qui désirent commercialiser leurs découvertes. Les stages ont d’abord été mis à l’essai dans quelques institutions l’année dernière. Elizabeth Gray du Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) a encadré un stagiaire puis affirmé que la contribution de ce dernier avait apporté « une valeur significative à notre équipe ». Le travail accompli durant le programme de six mois « a grandement contribué à beaucoup de projets, que ce soit pour la diligence raisonnable des technologies du CAMH, pour les initiatives de communication avec des chercheurs principaux ou pour la conception du site Web », a déclaré Gray, qui a maintenant accueilli trois stagiaires grâce au programme. Ce printemps-ci, les stagiaires œuvreront au sein de cinq institutions de la province, soit l’université de Windsor, le CAMH, l’université McMaster, l’hôpital pour les enfants malades et l’université de Toronto, afin de contribuer aux initiatives de commercialisation de la communauté de recherche.

Il n’est pas étonnant que le taux de placement des stagiaires de l’IOC s’élève à plus de 95 %. En travaillant ensemble, les prochains leaders de la communauté des neurosciences seront encadrés par les pionniers de la recherche et de la commercialisation neuroscientifique d’aujourd’hui. Ainsi, les partenaires de l’IOC obtiennent le soutien inestimable d’une personne hautement qualifiée qui contribue à la progression de leurs objectifs de recherche et de commercialisation.

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